Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le 20/06/2026 - 04:29 Transferts

Nice et Lens se disputent Belammari, le latéral marocain révélé au Mondial 2026

Deux clubs de Ligue 1 aux trajectoires opposées cette saison, mais réunis par une même cible au mercato : l’OGC Nice et le Racing Club de Lens ont tous deux coché le nom de Youssef Belammari, défenseur gauche marocain de 27 ans évoluant à Al Ahly, en Égypte. Selon le média marocain HerPress, les deux écuries s’intéressent au joueur alors que celui-ci figure dans le groupe des Lions de l’Atlas à la Coupe du monde 2026. Sa valorisation modeste – estimée à 1,2 million d’euros – rend l’opération accessible, ce qui explique en partie l’engouement simultané de deux clubs aux moyens financiers pourtant distincts.

Des contextes institutionnels qui rendent l’opération logique

Nice et Lens abordent l’été dans des états d’esprit radicalement différents, mais partagent une même nécessité : reconstruire leur arrière-garde gauche. Du côté des Aiglons, le club a évité la relégation en barrages face à Saint-Étienne et se sépare de Claude Puel. Melvin Bard, latéral gauche titulaire depuis 2021 et ancien joueur de l’Olympique Lyonnais, pourrait saisir cette période de transition pour chercher un nouveau challenge après plusieurs années de loyaux services. La direction niçoise anticipe cette éventualité en sondant le marché en amont.

Lens, qualifié pour la prochaine édition de la Ligue des champions, entre dans un cycle d’exigence supérieure. Le départ de Pierre Sage, remplacé par Dino Toppmöller, marque le début d’un nouveau projet. Dans ce cadre, Matthieu Udol, titulaire indiscutable dans le couloir gauche, devra composer avec une rotation plus soutenue. Une saison européenne implique un enchaînement de matchs qui rend incontournable l’intégration d’un véritable concurrent au poste. Belammari s’inscrit précisément dans ce schéma.

Un profil forgé entre le Maroc et l’Afrique, peu exposé en Europe

Passé par le Raja Casablanca avant de rejoindre Al Ahly, Youssef Belammari a développé son jeu dans deux environnements compétitifs majeurs du football africain. Al Ahly, club le plus titré d’Afrique, offre une exposition continentale sérieuse via la Ligue des champions africaine, un contexte qui forge physiquement et tactiquement ses joueurs sans les préparer nécessairement aux exigences physiques et médiatiques d’un championnat européen de haut niveau. Ce saut reste un défi réel pour tout joueur formé exclusivement hors d’Europe.

Sa convocation par le sélectionneur Mohamed Ouahbi pour le Mondial 2026 constitue une forme de validation internationale, même s’il n’a pas foulé la pelouse lors du match d’ouverture contre le Brésil, conclu sur un match nul. Dans le vestiaire des Lions de l’Atlas, Belammari côtoie ou a côtoyé des joueurs familiers de la Ligue 1, ce qui représente un vecteur d’information concret sur les réalités du championnat français – un détail qui peut peser dans la décision d’un joueur hésitant à franchir le cap.

Un mercato qui teste la capacité de ces clubs à recruter intelligemment

L’attrait pour Belammari illustre une tendance structurelle du marché des transferts en Ligue 1 : face à l’inflation des indemnités sur les profils européens, les clubs français cherchent de plus en plus des joueurs à fort potentiel évoluant dans des championnats africains ou du Moyen-Orient, valorisés bien en deçà de leur niveau réel. Al Ahly, club puissant mais dont les actifs humains restent sous-évalués sur le marché occidental, représente un vivier exploité par des écuries européennes attentives.

Pour Nice comme pour Lens, le risque d’un tel recrutement est celui de l’adaptation. L’histoire récente du football français offre des exemples contrastés de joueurs venus d’Afrique du Nord ou d’Égypte : certains ont rapidement trouvé leur rythme, d’autres ont peiné face au rythme et à l’intensité de la Ligue 1. Belammari, 27 ans, n’est plus un espoir en devenir – il arrive avec une maturité de joueur confirmé, ce qui limite une partie de l’incertitude. Reste à savoir lequel des deux clubs saura convaincre le joueur et son club formateur de tourner la page égyptienne.

22