Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le 11/07/2026 - 10:22 Ligue des champions

L’Égypte propose à la CAF d’élargir ses compétitions de clubs africains

Hany Abo Rida, président de la Fédération égyptienne de football, a soumis une proposition officielle à la Confédération africaine de football (CAF) pour augmenter le nombre de représentants par association dans la Ligue des champions africaine et la Coupe de la Confédération. La démarche, annoncée depuis Rabat, s’appuie sur les performances jugées historiques des sélections africaines lors de la Coupe du monde FIFA 2026. Pour l’Égypte, l’enjeu est considérable : si la CAF donne son accord, Al Ahly pourrait rejoindre Zamalek et Pyramids FC en Ligue des champions, au lieu d’évoluer en Coupe de la Confédération comme le prévoit le système de qualification actuel.

Une logique sportive portée par le Mondial 2026

Le raisonnement d’Abo Rida repose sur un argument structurel : lorsque le football africain progresse sur la scène mondiale, ses compétitions continentales doivent s’adapter pour refléter ce niveau d’ambition. La Coupe du monde 2026 a servi de révélateur – plusieurs nations du continent ont livré des performances qui ont retenu l’attention internationale, renforçant la légitimité d’une demande d’extension des places disponibles.

Concrètement, la proposition demande à la CAF d’attribuer à chaque fédération membre une place supplémentaire dans chacune des deux compétitions. Ces nouveaux slots seraient distribués selon le système de classement et le règlement déjà en vigueur à la CAF, ce qui limite le risque d’arbitraire dans l’attribution. Les clubs supplémentaires entreraient en lice dès les tours préliminaires de qualification, sans modifier la phase de groupes ou les rondes finales dans l’immédiat.

L’impact direct sur le football égyptien

L’Égypte est l’une des associations les mieux classées du continent, et c’est là que la proposition prend toute sa portée pratique. Sous le régime actuel, l’attribution des places en compétitions africaines dépend du classement final en championnat national. Al Ahly, troisième du championnat égyptien, est orienté vers la Coupe de la Confédération – la deuxième compétition continentale – tandis que Zamalek et Pyramids FC, mieux classés, représentent l’Égypte en Ligue des champions.

Si la CAF adopte la proposition, Al Ahly intégrerait également la Ligue des champions, donnant à l’Égypte trois clubs dans la compétition phare du continent. Pour un club dont le palmarès continental est l’un des plus riches d’Afrique, participer à la Coupe de la Confédération plutôt qu’à la Ligue des champions représente une rétrogradation symbolique difficile à accepter, quelles que soient les circonstances sportives qui y ont conduit.

Un débat plus large sur la structure des compétitions africaines

La question de l’élargissement des compétitions de clubs n’est pas nouvelle au sein de la CAF. La Ligue des champions africaine a déjà connu plusieurs réformes de format ces dernières décennies, avec des ajustements successifs du nombre de participants, de la structure des phases de groupes et des modes de qualification. Chaque modification a eu pour toile de fond la même tension : comment équilibrer la qualité sportive globale de la compétition et l’inclusivité continentale, dans un contexte où les inégalités économiques et infrastructurelles entre fédérations restent significatives.

Accorder des places supplémentaires aux associations les mieux classées renforce mécaniquement les championnats dominants – Égypte, Maroc, Afrique du Sud, Tunisie – au détriment d’une représentation plus équilibrée du continent. C’est un arbitrage que la CAF devra trancher en pesant les intérêts sportifs immédiats et les objectifs de développement à long terme. La proposition égyptienne sera examinée dans ce contexte institutionnel délicat, où les grandes fédérations et les plus petites n’ont pas nécessairement les mêmes priorités.

Une décision qui reste entre les mains de la CAF

La Fédération égyptienne a confirmé que la proposition a été formellement transmise à la CAF. Aucune date d’examen n’a été précisée. La décision finale appartient aux instances dirigeantes de la confédération, qui devront évaluer la faisabilité logistique, sportive et financière d’un tel élargissement avant toute modification du règlement des compétitions. Dans l’intervalle, la planification des clubs égyptiens – Al Ahly en tête – reste suspendue à une réponse institutionnelle dont l’issue est encore incertaine.

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