Issa Ouédraogo Auteur : Issa Ouédraogo Posté le 26/06/2026 - 07:41 Coupe du monde Nigeria

Coupe du monde 2026 : la Côte d’Ivoire brille, Schweinsteiger sous le feu des critiques

La Coupe du monde 2026 a livré une nuit dense, marquée par la qualification historique de la Côte d’Ivoire et par une vive controverse autour de Bastian Schweinsteiger. Sur le terrain, les Éléphants ont battu Curaçao 2-0 et ont validé, pour la première fois de leur histoire, une place en huitièmes de finale du Mondial. En dehors du jeu, les propos de l’ancienne gloire allemande ont provoqué une forte réaction en Allemagne comme en Côte d’Ivoire.

Coupe du monde 2026 : la Côte d’Ivoire écrit une page historique

La sélection d’Emerse Faé a parfaitement négocié son dernier rendez-vous de groupe E. Face à Curaçao, la Côte d’Ivoire s’est imposée 2-0 grâce à un doublé de Pepe. L’attaquant a frappé très tôt, dès la 7e minute, avant de sceller le succès à la 64e.

Ce résultat permet aux Ivoiriens de terminer à 6 points, à égalité avec l’Allemagne. Les deux nations devancent l’Équateur, troisième avec 4 points, tandis que Curaçao ferme la marche avec un seul point. Pour les Éléphants, l’essentiel est là : ils franchissent le premier tour d’une Coupe du monde pour la première fois.

Cette qualification prend encore plus de relief dans un groupe resté indécis jusqu’au bout. La Côte d’Ivoire n’a pas seulement avancé grâce à son impact physique. Elle a aussi montré de la maîtrise, une organisation claire et une vraie efficacité dans les zones décisives.

Coupe du monde 2026 : Schweinsteiger déclenche une polémique

Avant le duel entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire, Bastian Schweinsteiger avait commenté le profil des Éléphants sur la chaîne publique allemande ARD. L’ancien international avait évoqué un football africain « non conventionnel », « sauvage » et peu discipliné tactiquement, en parlant aussi d’imprévisibilité.

Ces mots ont rapidement suscité des critiques. Plusieurs observateurs y ont vu des stéréotypes anciens, associés à des clichés raciaux sur les équipes africaines. La réaction la plus forte est venue du sélectionneur ivoirien Emerse Faé, après la victoire de son équipe.

Le technicien n’a pas cherché à contourner le sujet. Il a estimé que l’on pouvait qualifier ces propos de racistes « si on appelait un chat un chat ». Il a d’abord laissé la porte ouverte à la maladresse, tout en disant espérer que cette sortie ne reflète pas la pensée profonde de l’ancien milieu allemand.

Puis le ton s’est durci. Faé a rappelé que la Côte d’Ivoire ne gagne pas seulement par la puissance ou l’instinct, mais aussi par l’intelligence de jeu et la stratégie. Il a même suggéré que Schweinsteiger avait peut-être voulu créer du bruit autour de sa carrière de consultant. « Quand j’ai entendu son commentaire, j’ai été déçu. Déçu par l’homme. C’est étrange qu’il parle ainsi », a-t-il lâché.

En Allemagne, la séquence avait déjà fait réagir avant même cette réponse. Le commentateur Patrick Schnitzler a dénoncé sur Instagram des préjugés racistes transmis parfois sans prise de conscience. De son côté, le journaliste Philipp Awounou, dans Der Spiegel, a jugé que ce type de caractérisation puisait dans un imaginaire hérité de la période coloniale, sans pour autant présenter Schweinsteiger comme un raciste revendiqué.

Équateur, Pays-Bas, Japon : les autres faits marquants de la nuit

L’autre choc du groupe E a tourné en faveur de l’Équateur, vainqueur de l’Allemagne 2-1. Les Allemands avaient pourtant frappé d’entrée grâce à Leroy Sané dès la 2e minute. Mais Angulo a rapidement égalisé à la 9e, avant que Plata ne donne la victoire aux Sud-Américains à la 77e.

Ce succès n’a toutefois pas suffi à qualifier l’Équateur, bloqué à la troisième place avec 4 points. L’Allemagne, malgré cette défaite, passe en huitièmes avec 6 points et une meilleure différence de buts que la Côte d’Ivoire. Le groupe E a donc livré un scénario tendu jusqu’aux derniers instants.

Dans le groupe F, le Japon et la Suède se sont neutralisés 1-1. Maeda a ouvert la marque à la 56e minute, avant la réponse d’Elanga six minutes plus tard. Ce partage des points profite surtout au Japon, qui boucle la phase de groupes avec 5 points et se qualifie.

Les Pays-Bas ont, eux, confirmé leur solidité en dominant la Tunisie 3-1. Un but contre son camp de Skhiri dès la 3e minute a lancé les Néerlandais, puis Brobbey a doublé la mise à la 7e. Mastouri a réduit l’écart à la 54e, mais van Hecke a redonné de l’air aux Oranje à la 62e. Avec 7 points, les Pays-Bas terminent premiers du groupe F. Le Japon suit avec 5 points, la Suède est éliminée avec 4, et la Tunisie quitte le tournoi sans le moindre point.

Arbitrage contesté et réveil tardif de la Turquie

Le match entre l’Équateur et l’Allemagne a aussi relancé les débats sur l’arbitrage. Sur l’action du premier but allemand, une intervention d’Aleksandar Pavlovic sur Pedro Vite a nourri la polémique. L’arbitre Tori Penso a laissé jouer, et la VAR n’est pas intervenue.

Cette décision a été sévèrement critiquée sur les réseaux spécialisés. L’action alimente un sentiment déjà présent depuis le début du tournoi : plusieurs observateurs jugent l’arbitrage inconstant sur cette Coupe du monde 2026. L’Équateur, lui, a au moins trouvé la meilleure réponse possible en s’imposant sur le terrain.

Dans le groupe D, le Paraguay et l’Australie se sont quittés sur un 0-0. Ce résultat a permis aux Australiens de conserver la deuxième place avec 4 points, devant le Paraguay à la différence de buts.

La Turquie, elle, a enfin débloqué son compteur en battant les États-Unis 3-2 dans un match spectaculaire. Tursty a marqué dès la 3e minute pour les Américains, mais Güler puis Yilmaz ont renversé la situation avant la pause. Berhalter a égalisé à la 49e, puis Ayhan a offert la victoire aux Turcs au bout du temps additionnel, à la 98e minute. Ce succès arrive trop tard pour changer le classement, mais il évite à la Turquie de quitter la compétition sans victoire.

Seattle, Salah et le programme à venir

La FIFA a aussi pris position sur un autre sujet sensible. L’instance a confirmé que les symboles arc-en-ciel seraient autorisés dans le stade de Seattle à l’occasion du « match des fiertés ». Dans son communiqué, elle rappelle que la Coupe du monde 2026 se veut inclusive et que les messages liés aux droits humains sont permis dans le cadre du code de conduite. Pour plus d’informations sur l’organisation du tournoi, il est possible de consulter le site officiel de la FIFA.

Cette clarification intervient alors que l’Iran et l’Égypte avaient exprimé leur opposition à toute association publique avec les célébrations LGBT+. Jeudi, les sélectionneurs des deux équipes ont préféré éviter le débat en conférence de presse, en affirmant vouloir se concentrer sur le football.

Du côté de l’Égypte, Hossam Hassan a surtout mis en avant le rôle de Mohamed Salah avant le match contre l’Iran. Le sélectionneur a salué une version renouvelée de son capitaine, en expliquant qu’il évoluait avec plus de liberté dans un cadre collectif mieux défini.

Le programme du jour promet d’ailleurs plusieurs affiches importantes. La France défiera la Norvège vendredi à 21h dans le groupe I, au même moment que Sénégal – Irak. Dans la nuit, le Cap-Vert jouera l’Arabie saoudite, pendant que l’Espagne affrontera l’Uruguay. Enfin, l’Égypte retrouvera l’Iran, tandis que la Belgique sera opposée à la Nouvelle-Zélande.

Au réveil, une tendance se dégage : cette Coupe du monde 2026 mélange exploits sportifs, débats brûlants et suspense permanent. Et pour la Côte d’Ivoire, cette nuit restera déjà comme une date majeure de son histoire.

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