Issa Ouédraogo Auteur : Issa Ouédraogo Posté le 10/07/2026 - 10:08 Coupe du monde

Hugo Broos quitte l’Afrique du Sud après cinq ans de règne historique

La question a tenu en haleine le football sud-africain pendant deux semaines. Hugo Broos, 74 ans, a finalement tranché : il ne continuera pas comme sélectionneur de l’Afrique du Sud. Dans un entretien accordé au site belge voetbalnieuws.be, le technicien flamand a mis fin à la spéculation qui avait suivi l’élimination des Bafana Bafana face au Canada, coorganisateur de la Coupe du monde, au stade des huitièmes de finale le 28 juin. Une première dans l’histoire du football sud-africain, qui rend le départ de Broos d’autant plus chargé de symboles.

Une décision irrévocable, assumée sans amertume

Broos avait annoncé sa retraite avant même le début de la compétition. La performance historique des siens l’avait fait hésiter un temps. Mais le doute est désormais dissipé. « Vais-je continuer comme entraîneur malgré tout ? Non, c’est irréversible ! », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il resterait ouvert à un rôle de consultant ou de recruteur. « Si on a besoin de moi pour autre chose, peut-être dans le domaine du scouting : c’est différent. Mais le football ne va plus faire partie de ma vie 24 heures sur 24. »

Le Belge a également évoqué une conversation avec le président de la Fédération sud-africaine de football, qui souhaiterait le conserver dans un rôle d’advisor. Broos prévoit de rentrer en Afrique du Sud fin juillet pour des adieux officiels, curieux d’entendre ce qui lui sera proposé. Sa formule, teintée d’humour, résume bien l’état d’esprit de l’homme : sa femme, soulagée de le voir raccrocher, lui a d’ores et déjà lancé un avertissement – « Assure-toi de ne pas être dans mes pattes ! » Broos, pragmatique, envisage quelques semaines tous les deux mois en Afrique du Sud : « Mieux vaut ça qu’être une nuisance à la maison parce que je n’ai rien à faire. »

Cinq ans qui ont reconfiguré le football sud-africain

Arrivé en mai 2021, Hugo Broos est devenu le sélectionneur le plus longtemps en poste de l’histoire du pays. Son bilan mérite d’être mesuré à l’aune des attentes initiales : lorsqu’il a pris en charge une équipe en reconstruction, peu d’observateurs anticipaient une telle trajectoire. Il a qualifié l’Afrique du Sud pour deux Coupes d’Afrique des Nations consécutives, avec une médaille de bronze décrochée lors de l’édition 2023. Plus marquant encore, il a conduit les Bafana Bafana à leur première qualification pour une Coupe du monde depuis seize ans, et à leur première participation aux phases à élimination directe de la compétition.

Ces résultats ne doivent pas être lus comme de simples performances sportives. En Afrique du Sud, où le football reste un vecteur d’identité nationale fort depuis l’ère post-apartheid – et en particulier depuis l’organisation de la Coupe du monde 2010 -, la capacité à se qualifier et à progresser dans les grands tournois porte une charge symbolique considérable. Broos a su fédérer un groupe, s’imposer auprès des joueurs malgré son statut d’étranger, et installer une culture de résultats sans fracas médiatique.

Mosimane en pole position pour une troisième ère

La succession est déjà l’enjeu central. La Fédération sud-africaine de football a confirmé recueillir des candidatures et aurait identifié Pitso Mosimane comme principal candidat pour un retour à la tête de la sélection. Mosimane n’est pas un inconnu du poste : il a d’abord assuré un rôle d’intérimaire avant l’arrivée du Brésilien Carlos Alberto Parreira en 2007, puis a pris les commandes après la Coupe du monde 2010. Au total, ses deux passages lui confèrent un bilan de vingt-trois matchs – neuf victoires, dix nuls, quatre défaites – avec dix-sept buts marqués et seulement huit encaissés.

La question qui se pose au-delà du nom du successeur est celle de la continuité. Broos laisse une équipe qui a démontré sa capacité à tenir sa place au niveau mondial. Préserver cet élan, capitaliser sur la confiance bâtie par des joueurs qui ont vécu une qualification historique, et préparer les prochaines échéances continentales sans régression – voilà le défi que quiconque s’assoira sur ce banc devra relever. Mosimane, qui connaît le contexte local mieux que quiconque, part avec cet avantage. Mais hériter d’une équipe en progression, c’est aussi hériter d’attentes rehaussées.

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