La Coupe du monde 2026 entre dans le vif : le Canada ouvre la phase à élimination directe
Le Canada a écrit la première page de la phase à élimination directe de la Coupe du monde 2026, en battant l’Afrique du Sud pour s’assurer une place dans les seizièmes de finale. C’est le signal de départ d’une seconde phase qui s’annonce plus dense, plus imprévisible et plus riche en représentants de chaque région du globe que n’importe quelle édition précédente du tournoi. Avec 32 équipes encore en lice, le tableau offre des perspectives inédites à plusieurs confédérations longtemps reléguées au second plan.
Un tournoi à 48 équipes qui redistribue les cartes géographiques
Le passage à 48 équipes n’est pas qu’une question de format : c’est une recomposition profonde de l’équilibre des forces mondiales, du moins en apparence. Le constat le plus saisissant de cette phase de groupes reste la percée africaine. Neuf équipes de la Confédération africaine de football – le Sénégal, l’Algérie, le Cap-Vert, la RD Congo, l’Égypte, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Maroc et l’Afrique du Sud – ont franchi la phase de groupes. C’est, de loin, le plus grand contingent africain jamais vu dans un tableau final de Coupe du monde.
Pour mesurer l’ampleur du bond, il faut se rappeler qu’en 2014, seules trois équipes africaines – l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Nigeria – avaient rejoint les huitièmes de finale, et cela dans un tournoi à 32 équipes. Même en tenant compte de l’élargissement du format, la CAF a dépassé toutes les projections raisonnables, plaçant plus du double du nombre d’équipes qu’elle n’avait jamais réussi à qualifier pour les tours à élimination directe.
L’UEFA conserve néanmoins une domination structurelle. Quatorze des seize équipes européennes engagées ont passé les groupes, soit le taux de qualification le plus élevé de toutes les confédérations. Avec 1,875 point par match contre des adversaires souvent hétérogènes, les nations européennes affichent une constance collective que les autres zones peinent encore à égaler sur la durée d’une compétition.
Les favoris au titre : l’Europe toujours en position de force
L’Argentine, la France et le Mexique sont les trois seules équipes à avoir remporté leurs trois matchs de groupe. Lionel Messi, une fois encore, tire l’Albiceleste vers l’avant : les champions du monde en titre sont cotés à 4/1 pour soulever le trophée, ce qui en fait l’un des favoris les plus solides du tableau. Le Brésil, à 14/1, représente l’autre poids lourd sud-américain, avec cinq représentants de la CONMEBOL encore en compétition.
Le Maroc, à 40/1, s’affirme comme le candidat africain le plus sérieux à une victoire finale. Les Lions de l’Atlas avaient réalisé l’exploit historique d’atteindre les demi-finales au Qatar en 2022, brisant un plafond de verre qui avait tenu pendant des décennies. Depuis, l’équipe a évolué, intégrant des profils comme Ayyoub Bouaddi et Brahim Díaz, capables d’apporter davantage de jeu entre les lignes. Leurs prestations en phase de groupes suggèrent qu’une nouvelle aventure profonde est tout à fait envisageable.
La Côte d’Ivoire attire également les regards. Yan Diomandé a émergé comme l’une des révélations du tournoi, dans une équipe richement dotée offensivement. Pour les Éléphants, la route passe cependant par Erling Haaland et la Norvège, un obstacle de taille qui explique pourquoi leur cote pour atteindre les quarts de finale reste à 11/2.
CONCACAF et AFC : les outsiders à surveiller
Les trois pays hôtes – le Canada, le Mexique et les États-Unis – ont tous passé les groupes, offrant à la CONCACAF trois représentants dans les 32. Mauricio Pochettino a guidé les États-Unis vers deux victoires nettes lors de leurs deux premiers matchs, avant une défaite sans enjeu en fin de phase de groupes. L’équipe américaine est cotée à 9/2 pour atteindre les demi-finales, ce qui constituerait leur meilleure performance historique en Coupe du monde, dépassant le parcours de 2002 où seul un geste controversé de Torsten Frings avait empêché Landon Donovan et ses coéquipiers d’atteindre le dernier carré.
Le Mexique, de son côté, n’a jamais dépassé les quarts de finale en Coupe du monde – un mur statistique qui a résisté à toutes les générations. Mais une campagne de groupes parfaite entretient l’espoir. Le Canada, premier vainqueur de la phase à élimination directe, reste à 40/1 pour aller jusqu’en finale : un chiffre qui traduit un réalisme prudent, mais aussi la reconnaissance d’un potentiel réel dans un format élargi qui lui est favorable.
En Asie, le Japon et l’Australie sont les deux rescapés de la AFC. Les Australiens ont créé la surprise en sortant des groupes, portés notamment par un succès retentissant contre la Turquie. Mais la conférence asiatique dans son ensemble a reculé par rapport à 2022, où trois équipes avaient atteint les huitièmes. Les statistiques de groupe – 0,667 point par match – révèlent la fragilité globale d’une zone en développement, même si le Japon et l’Australie ont suffisamment de ressources pour ne pas être balayés d’emblée.
Ce que ce tableau annonce pour la suite
La Coupe du monde 2026 est, à ce stade, une compétition qui tient ses promesses de diversité géographique. Pour la première fois, des nations africaines, asiatiques, nord-américaines et sud-américaines disputent la phase finale en nombre significatif, non comme figurants mais comme acteurs à part entière. Pourtant, la réalité des statistiques collectives invite à la prudence : la concentration de talent en Europe reste structurellement supérieure, et les nations du Vieux Continent partent avec les meilleures chances d’aller au bout.
Ce tournoi pose néanmoins une question plus profonde sur l’avenir du football mondial. Si le format élargi a indéniablement ouvert la porte à davantage d’équipes, la vraie mesure du progrès sera de savoir si ces nouveaux venus peuvent non seulement participer, mais rivaliser – et vaincre – dans les tours décisifs. Les prochaines semaines apporteront une réponse partielle à cette interrogation, et le tableau pourrait encore réserver bien des surprises.