La fédération ghanéenne élargit sa recherche pour diriger les Black Stars
La Fédération ghanéenne de football n’a pas encore tranché sur l’avenir du banc des Black Stars. Nana Oduro Sarfo, membre du conseil exécutif de la GFA, a confirmé que l’instance poursuivait des discussions avec d’autres entraîneurs, alors que la situation de Carlos Queiroz reste incertaine à l’approche des éliminatoires de la CAN 2027.
Cette prudence en dit long sur l’enjeu. Pour une sélection comme le Ghana, le choix du sélectionneur ne relève pas seulement de la gestion sportive immédiate: il engage la reconstruction d’un projet, la relation avec l’opinion publique et la capacité du pays à retrouver sa place parmi les références continentales.
Un intérim mondialiste qui n’a pas clos le dossier
Arrivé en avril avec un contrat de courte durée pour succéder à Otto Addo, Carlos Queiroz avait une mission claire: conduire le Ghana à la Coupe du monde 2026. Le technicien portugais de 73 ans a mené l’équipe jusqu’à la phase à élimination directe, ce qui pouvait laisser penser à une prolongation plus stable. Mais les négociations auraient achoppé sur ses exigences, ouvrant une nouvelle phase d’incertitude.
Dans le football de sélections, un parcours en tournoi ne suffit pas toujours à régler la question de la continuité. Une fédération doit arbitrer entre l’expérience, le coût, l’autorité sur le vestiaire et la compatibilité avec une vision à moyen terme. Le cas ghanéen illustre ce dilemme classique: faut-il prolonger un profil de gestion de crise, ou nommer un entraîneur capable de bâtir sur plusieurs campagnes?
Le poids du calendrier et de la gouvernance
La GFA ne dispose pas d’un temps illimité. Les Black Stars doivent reprendre la compétition en septembre avec les qualifications pour la CAN 2027, dans un groupe C relevé comprenant la Côte d’Ivoire, la Gambie et la Somalie. Au-delà des résultats, la préparation d’une campagne continentale exige des choix rapides sur l’identité de jeu, la hiérarchie dans l’effectif et la coordination avec les joueurs évoluant à l’étranger.
Le poste de sélectionneur national obéit aussi à des contraintes institutionnelles particulières. Contrairement à un entraîneur de club, le patron d’une sélection travaille par fenêtres internationales, avec peu de séances et une forte dépendance à l’état de forme de joueurs dispersés dans plusieurs championnats. La clarté du projet compte donc autant que le nom. Sans cap lisible, les rassemblements deviennent des parenthèses plutôt qu’un processus de progression.
Une nomination scrutée dans un pays en quête de rebond
Le Ghana reste l’une des grandes nations historiques du football africain, avec quatre titres continentaux, mais l’absence à la CAN 2025 au Maroc a ravivé les critiques sur la direction sportive de la sélection. Dans un tel contexte, la prochaine nomination sera jugée à la fois sur les résultats et sur sa capacité à restaurer une cohérence collective.
Les fédérations sont souvent tentées de chercher un nom prestigieux pour rassurer l’environnement. Pourtant, la réussite dépend généralement d’un ensemble plus large: qualité du recrutement des joueurs, stabilité administrative, adhésion du vestiaire et continuité des choix techniques. Pour les Black Stars, l’urgence n’est pas seulement de pourvoir un poste vacant; elle est de définir quel type d’équipe le Ghana veut redevenir sur la scène africaine.
Ce que révèle l’ouverture à d’autres profils
La déclaration d’Oduro Sarfo signale une volonté de garder plusieurs options ouvertes, plutôt que de se laisser enfermer dans une négociation unique. C’est une posture fréquente dans les fédérations confrontées à des attentes élevées et à des marges de manœuvre financières, politiques et sportives parfois contradictoires.
Le prochain choix devra répondre à une question simple et décisive: privilégier l’effet immédiat ou la reconstruction. À quelques semaines d’un nouveau cycle qualificatif, la réponse de la GFA déterminera bien davantage que le nom inscrit sur la feuille de match. Elle dira comment le Ghana entend reconstruire son autorité sportive. Pour suivre l’actualité des grands clubs africains, découvrez aussi comment l’AC Milan accélère sur Zakaria El Ouahdi ou comment Ayyoub Bouaddi se rapproche de Manchester City.