Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le 18/07/2026 - 13:34

La Libye candidate à la CAN : un retour sur la scène continentale après quatre décennies

Pour la première fois depuis 1982, la Libye revendique officiellement le droit d’organiser la Coupe d’Afrique des Nations. La Fédération libyenne de football a transmis une lettre formelle à la Confédération africaine de football (CAF) pour exprimer son intérêt à accueillir l’édition 2028, 2032 ou 2036 du tournoi. Cette démarche marque le début d’un processus de candidature qui s’annonce long, exigeant et très disputé.

Un signal politique autant que sportif

Le président de la Fédération libyenne, Abdelmoula Al-Maghribi, a confirmé que cette lettre constitue le premier geste officiel d’une candidature qui devra, dans les mois à venir, se traduire par un dossier complet répondant aux critères de la CAF. Ces critères couvrent un spectre large : capacité et modernité des stades, terrains d’entraînement aux normes, hébergement pour les délégations, accessibilité des transports, et garanties gouvernementales. Ce dernier point est loin d’être anodin pour un pays qui a traversé une décennie de conflit armé et d’instabilité institutionnelle depuis 2011.

La décision de candidater ne relève pas uniquement du calcul sportif. Elle constitue un signal adressé à l’extérieur : celui d’un pays qui affirme avoir recouvré une capacité d’organisation suffisante pour prétendre à la vitrine qu’est la CAN. L’organisation réussie du Championnat de l’UNAF des moins de 20 ans à Benghazi, citée par Al-Maghribi comme catalyseur de la décision, offre un précédent récent, même si l’échelle d’une CAN est sans commune mesure avec celle d’un tournoi régional de jeunes.

Des infrastructures à consolider autour de deux villes pivots

La candidature libyenne repose essentiellement sur deux pôles urbains : Tripoli et Benghazi. Le Stade international de Tripoli et le Stade international de Benghazi sont présentés comme les sites centraux du projet, intégrés dans un programme plus large de modernisation des équipements sportifs à travers le pays. La CAF exige désormais, pour les grandes compétitions, des enceintes offrant des capacités conséquentes, des pelouses conformes aux standards FIFA, et des installations techniques poussées pour la diffusion télévisuelle internationale. Atteindre ces standards représente un investissement significatif, que le gouvernement libyen devra formellement garantir.

La Libye n’est pas la seule à avoir exprimé cet intérêt. Selon des sources proches de la CAF citées par le quotidien libyen Alwasat, une dix-septaine d’associations nationales auraient déjà manifesté leur souhait d’accueillir l’une des trois prochaines éditions. Le processus de sélection s’annonce donc particulièrement compétitif, d’autant que plusieurs pays envisagent des candidatures conjointes – une formule que la CAF a ouvert et qui permet de mutualiser les capacités d’accueil tout en réduisant la pression sur une seule nation hôte. La Libye, elle, entend présenter une candidature en solo.

1982 : l’unique précédent comme point de référence

En 1982, la Libye organisait la neuvième édition de la CAN, remportée par le Ghana face au pays hôte en finale. Ce moment demeure l’unique occurrence où le pays a accueilli le tournoi continental. Quatre décennies se sont écoulées depuis – une durée qui dit à la fois l’ambition de ce retour et les défis à surmonter pour convaincre la CAF que le projet est solide et réaliste.

La Coupe d’Afrique des Nations a considérablement évolué depuis cette époque : le nombre de participants est passé de huit à vingt-quatre équipes depuis l’édition 2019, ce qui implique un nombre bien plus important de stades, de villes hôtes et de capacités logistiques. Toute candidature doit désormais être calibrée en conséquence. C’est à cette aune que la fédération libyenne devra convaincre – non pas seulement de son envie, mais de sa préparation réelle à un événement d’une ampleur sans précédent dans l’histoire sportive du pays. Pour d’autres actualités sur le football africain, découvrez comment Eric Bailly rejoint Columbus Crew ou l’évolution des effectifs avec Manchester United accélère sur Sander Berge.

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