Issa Ouédraogo Auteur : Issa Ouédraogo Posté le 23/06/2026 - 18:34 Mondial

Le Maroc tient le Brésil en échec et s’impose comme force majeure du Mondial

Un point arraché face au Brésil de Carlo Ancelotti, puis une victoire contre l’Écosse : le Maroc aborde la phase de groupes de la Coupe du monde avec une solidité qui n’a surpris que ceux qui n’avaient pas suivi de près la montée en puissance des Lions de l’Atlas ces dernières années. La rencontre au New Jersey a tourné à l’avantage collectif des hommes de Mohamed Ouahbi, qui ont rendu la copie d’une équipe organisée, combative et capable de tenir tête à la nation la plus titrée de l’histoire du tournoi.

Une équipe qui n’a plus rien d’une surprise

Le nul 1-1 face au Brésil ne doit pas être lu comme un exploit défensif chanceux. Le Maroc a été, au regard du jeu produit, l’équipe la plus convaincante du match. Ismael Saibari, auteur du but marocain, a symbolisé cette génération de milieux techniques, capables de peser dans les grands rendez-vous. Ce résultat s’inscrit dans une continuité logique : demi-finaliste au Qatar en 2022, champion d’Afrique en 2025, le Maroc a progressivement construit une identité de jeu qui lui permet désormais de s’inscrire dans le tableau des équipes à prendre au sérieux, et non plus simplement des outsiders à surveiller.

La colonne vertébrale de cette sélection repose sur des joueurs formés dans les meilleurs clubs européens. Achraf Hakimi, latéral droit parmi les meilleurs au monde à son poste, apporte une constance offensive et défensive rare. Youssef En-Nesyri incarne la menace athlétique en pointe. Brahim Díaz et Ayoub El Kaabi complètent une palette offensive variée. Ce n’est pas un effectif bâti autour d’un seul talent ; c’est un groupe cohérent, rodé aux exigences du haut niveau continental et européen.

Le chemin vers les huitièmes : une affaire encore à conclure

Malgré ces deux premiers résultats encourageants, la qualification n’est pas encore actée. Le Maroc doit impérativement prendre des points face à Haïti lors de son dernier match de poule pour s’assurer une place en phase à élimination directe. Cette rencontre, sur le papier la plus accessible du groupe C, ne doit pas être sous-estimée : les équipes dites faibles ont souvent leur mot à dire dans un tournoi aussi condensé et émotionnellement chargé qu’une Coupe du monde.

Si le Maroc parvient à s’qualifier, et à plus forte raison à terminer premier de son groupe devant le Brésil, il entrera dans le tableau final avec une dynamique psychologique favorable. La mémoire du Qatar reste vive : l’élimination de l’Espagne et du Portugal en phase à élimination directe avait démontré que ce groupe est capable de produire le meilleur football au moment décisif. Reproduire de telles performances face aux équipes candidates au titre représente toutefois un défi d’une autre magnitude.

Entre crédibilité continentale et ambitions globales

Le Maroc est désormais coté à 40/1 pour remporter la compétition, ce qui en fait l’équipe africaine la moins bien cotée – autrement dit, celle que les analystes sportifs jugent la plus susceptible de créer la sensation. Ces chiffres sont indicatifs d’une perception collective : l’Afrique du football commence à être prise au sérieux au plus haut niveau, et le Maroc en est le principal vecteur.

La question qui se pose maintenant n’est pas tant de savoir si le Maroc peut battre les meilleures équipes du monde – il l’a déjà fait – mais plutôt s’il peut enchaîner ces performances sur l’ensemble d’un tournoi. L’Espagne, favorite des bookmakers, a considérablement progressé depuis Qatar 2022. D’autres prétendants au titre se présentent en meilleure forme qu’il y a quatre ans. Le Maroc devra reproduire son niveau plusieurs fois de suite, sans fléchir, pour prétendre soulever le trophée. Les Lions de l’Atlas ont prouvé qu’ils en avaient les moyens. Il reste à démontrer qu’ils en ont aussi la régularité.

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