Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le 20/07/2026 - 18:01 Coupe du monde

Lisandro Martinez contraint de quitter la finale : l’Argentine fragilisée dès la mi-temps

À la 44e minute d’une finale de Coupe du monde sans but ni tir cadré argentin, Lionel Scaloni a perdu l’un de ses défenseurs centraux titulaires sur blessure. Lisandro Martinez, déjà averti pour une faute sur Mikel Oyarzabal, a dû céder sa place à Nicolas Otamendi après avoir signalé une douleur à la suite d’une tentative de Marc Cucarella. L’Argentine aborde la seconde mi-temps avec une charnière centrale remaniée, une organisation défensive incertaine, et la menace d’une prolongation en toile de fond.

Une sortie sur blessure au pire des moments

Quelques instants avant le retour aux vestiaires, Lisandro Martinez est allé au sol dans la surface argentine après que Cucarella avait tenté un tir rasant depuis l’extérieur de la surface de réparation. Le gardien Emiliano Martinez a immédiatement alerté le banc argentin, signalant l’impossibilité pour son défenseur de poursuivre. La nature exacte de la blessure n’a pas été précisée au moment de la sortie, mais l’impossibilité de continuer était manifeste.

Ce qui aggrave la situation, c’est le contexte disciplinaire. Martinez avait reçu un carton jaune peu avant pour avoir fauché Oyarzabal sur un contre espagnol. Même s’il avait pu tenir jusqu’à la fin du temps réglementaire, son maintien sur le terrain aurait constitué un risque permanent : un second avertissement l’aurait exposé à une expulsion dans une finale. Sa sortie prématurée, douloureuse sur le plan sportif, supprime au moins cette épée de Damoclès.

Otamendi : un recours d’urgence face à un rôle inattendu

Nicolas Otamendi entre dans ce match dans des conditions pour lesquelles il n’était pas préparé. À 38 ans, l’international argentin a été utilisé lors de ce tournoi principalement comme remplaçant en fin de match, chargé de gérer les dernières minutes et de consolider un résultat acquis. Le voilà désormais contraint de disputer au moins une mi-temps complète – et potentiellement une prolongation de trente minutes supplémentaires si aucune équipe ne marque en temps réglementaire.

L’enjeu physique est réel. La gestion de l’effort dans une compétition de haut niveau répond à des logiques d’intensité cumulée : un défenseur entrant en toute fin de match sollicite son organisme très différemment d’un titulaire qui enchaîne quatre-vingt-dix ou cent vingt minutes de jeu à pleine intensité. Otamendi devra gérer ses appels, ses duels et sa lecture du jeu dans un contexte où l’Espagne, dominante dans la construction, cherche précisément à épuiser ses adversaires par des phases de possession longues et des transitions rapides.

Un premier acte inquiétant pour l’Albiceleste

Au-delà de la blessure de Martinez, le bilan de la première mi-temps est préoccupant pour l’Argentine. Aucun tir cadré, une possession défensive, et une Espagne qui a su créer plusieurs situations dangereuses sans parvenir à concrétiser. La pression espagnole dans le dos de la défense – illustrée par le contre sur Oyarzabal qui a valu son carton à Martinez – révèle une ligne défensive sous tension.

Scaloni, sélectionneur reconnu pour sa capacité à adapter ses systèmes en cours de match, devra repenser son bloc défensif autour d’Otamendi sans déstabiliser l’équilibre de son milieu. La tâche est délicate : préserver l’organisation collective tout en compensant la perte d’un défenseur qui, à Manchester United comme en sélection, s’est imposé comme l’un des meilleurs de sa génération à son poste. La seconde mi-temps dira si l’Argentine peut absorber ce coup dur ou si cette blessure en changera le cours.

1