Mondial : Paraguay élimine l’Allemagne et redistribue les cartes au tour des 32
Deux des dix meilleures équipes du classement mondial disputaient leur huitième de finale ce dimanche, et aucune ne l’a passé. L’Allemagne et les Pays-Bas ont tous deux été éliminés aux tirs au but, ouvrant une brèche dans la hiérarchie attendue du tournoi et redessinant le tableau d’une compétition qui refuse de se conformer aux pronostics. La révélation du jour porte un nom que peu avaient osé écrire parmi les candidats sérieux : le Paraguay, vainqueur de l’Allemagne pour la toute première fois de son histoire en phase éliminatoire d’une Coupe du monde.
Le Paraguay écrit sa propre histoire, le Brésil confirme les siennes
Il y a des victoires qui marquent une génération de supporters. L’élimination de l’Allemagne par le Paraguay en fait partie. Pour une équipe qui n’avait jamais franchi le cap d’un match à élimination directe à ce niveau, la performance relève autant de la prouesse tactique que de l’exploit mental. Les tirs au but, exercice cruel qui récompense autant les nerfs que la technique, ont souri aux Paraguayens au détriment d’une sélection allemande qui restait sur une réputation de solidité forgée en décennies de Coupes du monde.
Les Pays-Bas ont subi le même sort, écartés par le Maroc dans un match qui confirme ce que le Qatar 2022 avait commencé à démontrer : la sélection marocaine n’est plus une surprise, elle est désormais une réalité du football mondial. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, le Maroc a su combiner l’héritage tactique de la génération précédente avec de nouveaux profils, dont des joueurs à double nationalité comme Issa Diop, recruté en provenance du groupe France. Cette capacité à élargir son vivier de talents constitue un avantage structurel durable.
Le Brésil, de son côté, a répondu aux doutes soulevés par son nul en phase de groupes contre ce même Maroc. Face au Japon, l’équipe de Carlo Ancelotti n’a pas produit un football de carte postale, mais elle a su trouver les ressources pour gagner. Gabriel Martinelli, entré en jeu en cours de partie, a inscrit le but de la victoire dans le temps additionnel. Casemiro avait auparavant égalisé, et Bruno Guimarães a joué un rôle décisif sur l’action finale – deux milieux dont on redoutait l’insuffisance qui se révèlent être des atouts. Le Japon, lui, rentre chez lui avec l’honneur d’avoir poussé l’une des grandes nations du football à se dépasser.
La France et l’Argentine conservent leur statut de favoris
En tête du classement, la France s’est imposée face à une Norvège privée de ses titulaires avec une aisance qui a frappé les observateurs. Ousmane Dembélé, Ballon d’Or en titre, a signé un triplé en l’absence de Didier Deschamps, contraint de rester à l’écart en raison du décès de sa mère. Le sélectionneur devrait retrouver son poste pour la phase éliminatoire. Avec Michael Olise à la baguette au poste de numéro 10, Kylian Mbappé et Désiré Doué aux côtés de Dembélé, l’attaque française affiche une profondeur rare dans l’histoire récente des grandes compétitions.
L’Argentine, tenante du titre, avance avec la sérénité des équipes qui ont déjà tout gagné. Lionel Messi, meilleur buteur du tournoi avec six réalisations, évolue avec cette liberté propre aux fins de carrière où chaque match devient une célébration autant qu’un défi. Le tirage a été clément pour les Argentins, et leur chemin vers les quarts de finale semble praticable. L’outil de projection de The Athletic attribue à la France 21 % de chances de remporter le trophée – une estimation qui reflète l’équilibre réel d’un tournoi encore largement ouvert.
Un classement bousculé, un tournoi qui s’ouvre
La disparition de l’Allemagne et des Pays-Bas du tableau n’est pas seulement un résultat sportif : c’est un signal sur l’état du football mondial. Les États-Unis, portés par l’enthousiasme de leur statut de co-organisateurs et par le jeu offensif instillé par Mauricio Pochettino, intègrent pour la première fois le top 10 du classement de rédaction. Leur défaite tardive face à la Turquie lors de la phase de groupes n’a pas effacé l’impression globalement positive laissée par leur parcours. Face à la Bosnie-Herzégovine, ils abordent les huitièmes en ambitieux.
Colombia, Suisse, Belgique ou encore le Ghana de Carlos Queiroz – dont la gestion tactique groupe par groupe a été saluée – viennent compléter un tableau où les hiérarchies établies valent de moins en moins. Le Paraguay en est la preuve la plus évidente. Dans une Coupe du monde à 48 équipes, les marges entre niveaux se réduisent, les surprises se multiplient, et les tirs au but nivellent ce que le football régulier n’a pas tranché. Ce deuxième jour de huitièmes de finale n’a pas seulement éliminé deux géants : il a rendu la compétition entière plus imprévisible, et donc plus passionnante.