Un visa unique à l’étude pour la CAN 2027 en Afrique de l’Est
Un seul document pour circuler entre trois pays : c’est l’option que la Confédération africaine de football (CAF) explore actuellement avec le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie en vue de la Coupe d’Afrique des nations 2027. Le président de l’instance, Patrice Motsepe, a confirmé que des discussions sont en cours pour faciliter les déplacements des supporters, des journalistes et des officiels entre les trois pays hôtes.
Une première co-organisation à trois qui pose des défis logistiques inédits
La CAN 2027 marquera un tournant dans l’histoire de la compétition : jamais trois nations n’avaient conjointement porté l’organisation de l’épreuve reine du football africain. Cette configuration inédite soulève mécaniquement des questions pratiques que les précédentes éditions, organisées par un seul pays, n’avaient pas à traiter. Comment un supporter kényan pourra-t-il suivre son équipe si un match se joue en Tanzanie ? Comment un journaliste accrédité pourra-t-il couvrir des rencontres organisées à quelques jours d’intervalle dans des stades séparés par des frontières nationales ?
C’est précisément pour répondre à ces interrogations que Patrice Motsepe a évoqué, lors d’une conférence de presse en Afrique du Sud, l’idée d’un régime de visa commun. Selon lui, l’objectif est de permettre à toute personne entrée légalement dans l’un des trois pays de circuler librement dans les deux autres pendant la durée du tournoi, sans démarche administrative supplémentaire.
La souveraineté nationale, une limite assumée par la CAF
Motsepe a pris soin de rappeler que la politique migratoire reste une prérogative exclusive de chaque État. La CAF ne peut imposer aucune décision aux gouvernements kényan, ougandais et tanzanien en matière d’entrée sur leur territoire. Mais cette réalité institutionnelle n’empêche pas, selon lui, un dialogue constructif entre l’instance continentale et les autorités concernées.
Le dirigeant sud-africain a cité l’exemple du Mondial 2022 au Qatar, où le simple billet de match avait pu faire office de sésame pour les spectateurs étrangers. Une référence qui illustre l’ambition affichée : simplifier au maximum l’expérience des voyageurs, quitte à s’inspirer de dispositifs déjà expérimentés ailleurs.
Un enjeu économique autant que sportif
Au-delà de la logistique, Motsepe insiste sur les retombées économiques qu’une telle compétition peut générer pour les pays hôtes. Il a rappelé l’exemple du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2024, organisé en Ouganda, qui aurait attiré un nombre inhabituel de visiteurs selon les responsables du football ougandais. Un afflux de touristes et de professionnels du football profite directement aux secteurs de l’hôtellerie, du transport et du commerce local.
Le président de la CAF a également salué l’implication personnelle des chefs d’État des trois pays organisateurs, citant la présidente tanzanienne Samia Suluhu, le président kényan William Ruto et le président ougandais Yoweri Museveni. Cette mobilisation politique au plus haut niveau est présentée comme un gage de sérieux pour la suite des préparatifs.
Aucune annonce officielle avant les prochains mois
Motsepe s’est gardé de dévoiler les détails techniques du futur dispositif, précisant que les annonces officielles interviendront en temps voulu. Reste que la volonté affichée est claire : faire en sorte que les frontières entre les trois pays deviennent, le temps du tournoi, aussi discrètes que possible pour les amateurs de football venus du continent et d’ailleurs. Pour plus d’analyses sur le football africain, consultez le football africain, entre fierté continentale et fuite des talents ou suivez les dernières actualités de la CAN sur les Walia Ibex d’Éthiopie retrouvent la CAN après huit ans d’absence.