Yanga SC se sépare de Cédric Kaze malgré une saison prometteuse en Tanzanie
Le Young Africans FC, club phare du football tanzanien connu sous le nom de Yanga, a officialisé dimanche le licenciement de son entraîneur en chef Cédric Kaze, quelques heures seulement après un match nul concédé face au Polisi Tanzania en championnat. La décision surprend par son timing : le club reste solidement en tête de la Vodacom Tanzania Premier League avec 50 points, et a décroché la Mapinduzi Cup 2021 en début d’année aux dépens du grand rival Simba SC, à Zanzibar.
Un bilan solide, une sortie brutale
En cinq mois à la tête de Yanga, Cédric Kaze a inscrit un bilan comptable honorable : dix victoires, sept matchs nuls et une seule défaite en championnat, auxquels s’ajoute la conquête de la Coupe Mapinduzi. Dans le communiqué diffusé sur ses propres plateformes, le club a demandé à ses supporters de rester calmes dans l’attente de la désignation d’un successeur. Hersi Said, l’un des dirigeants du club, a confirmé la nouvelle à Cecafaonline.
Le licenciement ne touche pas seulement l’entraîneur principal. Toute l’équipe encadrante est balayée : l’entraîneur adjoint Nizar Halfan, le préparateur physique Edem Mortoisi, l’entraîneur des gardiens Vladimir Niyonkuru et le responsable de la sécurité Mussa Mahundi quittent eux aussi le club. Une rupture nette, sans demi-mesure.
Kaze lui-même a réagi avec une certaine dignité. « C’est un honneur d’avoir travaillé avec vous pendant ces cinq mois. Je quitte Young Africans à la première place, et c’en est ma fierté », a-t-il déclaré, tout en appelant le club à la patience dans la construction d’un effectif vainqueur.
La pression du sommet : entre résultats immédiats et course au titre
La décision illustre une réalité bien connue des grands clubs africains : la première place au classement ne protège pas un entraîneur si les résultats récents alimentent le doute. Le match nul concédé face au Polisi Tanzania, conjugué à la pression exercée par Simba SC – deuxième avec 45 points mais fort de quatre matchs en retard -, suffit à fragiliser n’importe quel banc. Si Simba remporte l’ensemble de ses matchs en retard, l’écart de cinq points fondrait et la course au titre deviendrait serrée. Dans ce contexte, le club a visiblement jugé qu’un changement s’imposait avant que la situation ne bascule.
Ce type de décision radicale, prise en cours de saison alors que le club est encore en position de force, reflète la professionnalisation croissante du football est-africain. Les exigences des supporters, les enjeux financiers liés aux droits télévisés et aux partenaires commerciaux, et la rivalité historique avec Simba SC transforment chaque faux pas en événement potentiellement déstabilisateur.
Yanga et Simba : une rivalité qui structure le football tanzanien
Le Young Africans FC est l’un des deux piliers du football tanzanien, dans une rivalité avec Simba SC qui structure le paysage sportif du pays depuis des décennies. Ce duel dépasse le cadre purement sportif : il mobilise des identités locales, des soutiens populaires massifs et des attentes institutionnelles élevées. Remporter la Mapinduzi Cup face à Simba, sur le sol de Zanzibar, était un symbole fort. Mais dans ce contexte de rivalité permanente, les acquis sont vite effacés par les contre-performances suivantes.
Le défi pour le prochain entraîneur sera double : conserver l’avance au classement sur un Simba en embuscade, et reconstruire une cohésion d’encadrement après un changement brutal de staff en plein milieu de saison. Le calendrier, lui, n’attendra pas.