Issa Ouédraogo Auteur : Issa Ouédraogo Posté le juin 9, 2026

Congo DR retourne en Coupe du Monde après cinquante ans d’absence

Cinquante-deux ans séparent la première et la deuxième participation de la République Démocratique du Congo à la Coupe du Monde de la FIFA. Qualifiée pour l’édition 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l’équipe nationale congolaise – connue sous le nom de Zaïre lors de sa seule apparition précédente, en 1974 en Allemagne de l’Ouest – entame un nouveau chapitre de son histoire footballistique. Le bilan chiffré reste, à ce stade, parmi les plus lourds du tournoi : trois matchs disputés, zéro but marqué, quatorze encaissés.

Le Zaïre de 1974 : pionniers africains, victimes d’une époque

En 1974, le Zaïre écrit l’histoire en devenant l’une des premières sélections d’Afrique subsaharienne à disputer une phase finale de Coupe du Monde. La fierté est réelle, le contexte politique particulier : le pays est alors dirigé par Mobutu Sese Seko, dont le régime perçoit la qualification comme un outil de propagande nationale. L’équipe, entraînée par le technicien yougoslave Blagoje Vidinic – âgé de seulement 40 ans lors du premier match – arrive en RFA avec ambition mais sans véritable préparation à la hauteur de l’adversité.

Le groupe 2 place le Zaïre face à l’Écosse, la Yougoslavie et le Brésil. Trois défaites s’enchaînent : 0-2 contre l’Écosse à Dortmund le 14 juin, puis la rencontre qui restera gravée dans les mémoires collectives, la déroute 9-0 face à la Yougoslavie à Gelsenkirchen le 18 juin – la plus lourde défaite de l’histoire du pays en Coupe du Monde – et enfin 0-3 contre le Brésil. Au total, quatorze buts encaissés, aucun marqué. La séquence de défaites consécutives court, sur le plan des statistiques officielles FIFA, depuis le 14 juin 1974 jusqu’à aujourd’hui.

Dix joueurs ont disputé les trois rencontres du tournoi, dont le gardien Kazadi Muamba et le milieu Kidumu Mantantu. Le plus jeune titulaire lors du premier match était Kilasu Massamba, âgé de 23 ans et 174 jours. Ndaye Mulamba, attaquant vedette de la sélection, a reçu un carton rouge lors du match contre la Yougoslavie – seul rouge enregistré par la RDC dans l’histoire de la compétition. Aucun penalty n’a été tiré ni concédé au cours de la campagne.

Cinquante ans d’échecs en qualification : une réalité structurelle

Entre 1974 et 2022, la RDC – qu’elle s’appelle Zaïre, Congo-Kinshasa ou République Démocratique du Congo – n’a jamais réussi à franchir les phases de qualification. Plusieurs campagnes se sont terminées dans les tours avancés de la zone CAF sans déboucher sur une place en phase finale. Ce long purgatoire reflète des réalités que partagent de nombreuses fédérations africaines : instabilité institutionnelle, financement limité des championnats locaux, exode massif des meilleurs joueurs vers les championnats européens, et irrégularité dans la construction d’un projet sportif de long terme.

La CAF, confédération africaine, dispose d’un quota de places en Coupe du Monde qui s’est progressivement élargi au fil des éditions. Pour 2026, ce quota passe à neuf représentants, une augmentation significative liée à l’extension du tournoi à 48 équipes. C’est dans ce contexte que la RDC a décroché sa qualification, mettant fin à une absence de plus d’un demi-siècle. Pour en savoir plus sur d’autres nations qui retrouvent la compétition, consultez Sept nations retrouvent la Coupe du Monde après des décennies d’absence forcée.

2026 : une occasion de réécrire le récit

La participation au Mondial 2026 représente bien plus qu’une simple présence statistique. Pour une nation de près de cent millions d’habitants, disposant d’un vivier de talents reconnu au niveau continental, l’enjeu est de construire un souvenir footballistique différent de celui de 1974. Le groupe que tirera la RDC lors du tirage au sort déterminera en grande partie les possibilités sportives, mais la sélection congolaise aborde cette édition avec des joueurs évoluant dans les grandes ligues européennes – une réalité absente lors de la campagne de 1974.

Les records individuels inscrits dans les statistiques FIFA pour 2026 restent à écrire. Le bilan collectif actuel – trois matchs, aucune victoire, aucun nul, aucun but marqué – pourrait être transformé dès la première rencontre du prochain tournoi. C’est précisément ce que ces chiffres, austères et parlants à la fois, rendent possible : l’effacement, match par match, d’un passé douloureux au profit d’un présent enfin compétitif. Pour suivre l’actualité des autres sélections africaines, découvrez Abde Ezzalzouli forfait pour le Mondial 2026, un coup dur majeur pour le Maroc ou encore Le Portugal entre deuil et ambition, vise enfin la conquête du Mondial.

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