Amad Diallo offre aux Éléphants un succès précieux face à l’Équateur
Une frappe du gauche à la 90e minute, légèrement dévissée mais parfaitement placée : Amad Diallo a délivré la Côte d’Ivoire dans les derniers souffles d’un match âprement disputé contre l’Équateur (1-0), mercredi au Lumen Stadium de Dallas, devant 68 274 spectateurs. Ce succès inaugural place les Éléphants en tête du groupe E aux côtés de l’Allemagne, qui avait plus tôt écrasé Curaçao 7-1. Pour une nation qui dispute là sa quatrième Coupe du monde de son histoire, l’entrée en matière ne pouvait être meilleure.
Un match haché, trois barres transversales et un dénouement tardif
Pendant plus de quatre-vingts minutes, la rencontre a tenu toutes les promesses d’un rendez-vous où la prudence disputait le terrain à l’ambition. Les deux équipes ont frappé la transversale à trois reprises – deux fois pour l’Équateur, une fois pour la Côte d’Ivoire -, signe d’un match équilibré mais marqué par une certaine fébrilité devant le but. John Yeboah dès la 23e minute, puis Alan Minda à la demi-heure, ont failli donner l’avantage à la Tri avant même que les Ivoiriens ne trouvent leur rythme.
En première période, la Côte d’Ivoire a clairement souffert dans l’entrejeu, dominée par un Équateur qui s’appuyait sur une charnière centrale solide formée par Willian Pacho et Joel Ordonez. C’est en revanche sur son couloir droit que la défense équatorienne a montré ses limites : Piero Hincapié s’est régulièrement fait déborder, offrant des espaces que les Ivoiriens ont su exploiter progressivement. Dans les dernières minutes du temps réglementaire, l’avant-centre de Nice Elye Wahi a trouvé la transversale à la réception d’une passe de Yan Diomandé – désigné homme du match – avant que Diallo, entré peu après l’heure de jeu, ne conclue sur un centre de Wilfried Singo.
Amad Diallo, la carte maîtresse sortie du banc
Le choix d’Emerse Faé de titulariser Bazoumana Touré plutôt qu’Amad Diallo en ouverture de tournoi avait suscité quelques interrogations. La réponse est venue du banc, là précisément où l’entraîneur ivoirien avait placé son attaquant de Manchester United. Le jeune homme de 23 ans n’a eu besoin que de quelques dizaines de minutes pour peser sur la rencontre et délivrer les siens au moment où l’Équateur semblait tenir le nul. C’est l’un des exercices les plus difficiles du football de haut niveau : entrer en jeu dans un match fermé, trouver immédiatement le bon tempo, puis décider. Diallo l’a fait avec une efficacité remarquable.
Ce type d’impact depuis le banc est souvent le signe d’un joueur pleinement conscient de son rôle dans le dispositif collectif. Les grandes équipes de Coupe du monde ont presque toujours disposé d’un banc capable de changer le cours d’une rencontre, et cette victoire ivoirienne en est une illustration saisissante. Pour un joueur en plein développement au sein d’un club aussi exigeant que Manchester United, la scène mondiale offre une vitrine incomparable pour confirmer ce que ses partisans pressentent depuis plusieurs saisons.
Un groupe E qui prend forme et une promesse historique
La Côte d’Ivoire n’a jamais franchi le premier tour d’une Coupe du monde. En 2006, 2010 et 2014, les Éléphants ont à chaque fois quitté la compétition au stade des poules, souvent en proie à des tirages au sort cruels et à une malchance certaine. En 2006 notamment, ils avaient croisé l’Argentine, les Pays-Bas et la Serbie-Monténégro dans un groupe qui restera dans les mémoires comme l’un des plus relevés du tournoi. Autant dire que ce succès inaugural contre l’Équateur n’est pas seulement trois points : il marque le début d’une campagne que la nation entière espère historique.
Le prochain rendez-vous des Ivoiriens sera le 20 juin à Toronto, face à l’Allemagne. Le défi est immense – la Mannschaft a infligé un cinglant 7-1 à Curaçao -, mais la Côte d’Ivoire aborde ce choc avec la confiance d’une équipe qui sait gagner dans la difficulté. L’Équateur, lui, devra relever la tête contre Curaçao à Kansas City, en cherchant à soigner une différence de buts qui pourrait s’avérer décisive dans la course à la qualification. Le groupe E, loin d’être plié, s’annonce comme l’un des plus intenses de ce Mondial 2026.