Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le juin 16, 2026 à 20h29

Hervé Renard prend en main la Tunisie à moins d’un mois de la Coupe du monde

La Fédération tunisienne de football a nommé Hervé Renard sélectionneur de l’équipe nationale avec effet immédiat, quelques heures seulement après le limogeage de Sabri Lamouchi. Une réaction d’une rapidité inhabituelle dans le monde du football institutionnel, qui traduit l’urgence de la situation : la Tunisie, déjà engagée dans les qualifications pour la Coupe du monde, traverse une crise sportive et organisationnelle sérieuse.

Un recrutement d’urgence pour combler un vide inquiétant

Dans un premier temps, la fédération semblait prête à confier les rênes de la sélection à Mondher Kebaier, directeur technique national, dans une logique de continuité interne. Ce scénario n’a finalement pas été retenu. En faisant appel à un entraîneur extérieur, la fédération envoie un signal clair : la situation exige une intervention d’autorité, pas une solution de facilité.

Renard lui-même arrive dans des circonstances paradoxales. Il venait d’être écarté de son poste de sélectionneur de l’Arabie saoudite à peine 48 jours avant le coup d’envoi du tournoi mondial – un limogeage aussi tardif qu’inattendu pour un technicien de son rang. Le Français de 57 ans se retrouve donc à prendre en charge une autre sélection dans un délai tout aussi serré. Deux pays, deux séparations brutales, une même Coupe du monde : le destin de Renard dans cette édition du tournoi aura quelque chose de singulier.

Un palmarès africain solide, une expérience mondiale établie

Ce qui justifie le choix de la fédération, c’est avant tout le profil de Renard. Peu d’entraîneurs français – ou européens – peuvent se prévaloir d’une telle connaissance du football africain et de ses exigences spécifiques. Il a remporté la Coupe d’Afrique des Nations à deux reprises, avec la Zambie d’abord, puis avec la Côte d’Ivoire, deux performances qui restent des jalons dans l’histoire récente du football continental.

Sur la scène mondiale, son bilan est également conséquent. Il a dirigé le Maroc lors de la Coupe du monde 2018, puis l’Arabie saoudite lors de l’édition 2022 – un tournoi où la sélection saoudienne avait créé l’une des surprises les plus retentissantes du premier tour en battant l’Argentine. Plus récemment, il a assumé la direction technique de l’équipe de France féminine lors de la Coupe du monde 2023. Sa capacité à s’adapter à des contextes culturels et footballistiques variés constitue sans doute l’un de ses atouts les plus précieux dans la mission qui lui est confiée.

Une préparation catastrophique et un chantier immédiat

Le contexte dans lequel Renard prend ses fonctions est pour le moins difficile. La préparation de la Tunisie en vue du tournoi a été qualifiée de catastrophique par les observateurs : mauvais résultats, instabilité du groupe, manque de cohésion visible sur le terrain. Le premier match sous ce format compétitif, face à la Suède, s’est soldé par une défaite sévère sur le score de 5 buts à 1 – un résultat qui résume à lui seul l’ampleur du travail à accomplir.

Il reste à la Tunisie deux rencontres à disputer, face au Japon et aux Pays-Bas. Dans ce calendrier contraint, Renard n’aura ni le temps de réinventer un système de jeu, ni la possibilité d’imposer une nouvelle philosophie à moyen terme. Son rôle sera avant tout de stabiliser le groupe, de restaurer une unité de bloc et de redonner aux joueurs un cadre tactique lisible. C’est précisément dans ce type de situation – gérer la pression, rassembler rapidement un effectif déstabilisé – que son expérience cumulée prend tout son sens. La mission reste périlleuse. Mais la Tunisie, au moins, a choisi de ne pas se résigner.

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