Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le 19/06/2026 - 07:29

Cent jours avant la Coupe du Monde 2026, le monde du football retient son souffle

Dans cent jours exactement, le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 retentira sur le sol nord-américain, répartie entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Pour la première fois de son histoire, le tournoi accueillera 48 équipes, soit seize de plus qu’à l’édition précédente, ce qui en fait la compétition la plus vaste jamais organisée. Quarante-deux nations ont déjà validé leur billet ; vingt-deux autres se disputent encore les dernières places lors des barrages prévus en mars. Le 19 juillet, au MetLife Stadium du New Jersey, une seule équipe soulèvera le trophée.

Un plateau dominé par l’Europe, une hiérarchie à nuancer

L’Espagne aborde ce Mondial avec le statut de favorite la plus solide. Championne d’Europe en titre, elle présente la cohésion d’un collectif rodé, et Lamine Yamal s’affirme désormais comme une menace offensive régulière. Le tirage au sort lui est favorable. Les astres semblent alignés pour Pedri, Rodri et leurs coéquipiers.

La France, quant à elle, dispose sans doute de l’effectif le plus fourni du monde. Menée par Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé, la finaliste de 2022 devra toutefois traverser l’un des groupes les plus relevés du tournoi. Une victoire en phase de poules n’est pas acquise d’avance, et un quart de finale potentiel face à l’Allemagne se profile déjà comme un choc de premier plan.

L’Angleterre, portée par Thomas Tuchel, est objectivement l’une des meilleures équipes du monde, malgré les traumatismes accumulés lors des grandes compétitions récentes. Les demi-finales en 2018, les finales perdues aux tirs au but, les désillusions répétées : la cicatrice collective est profonde. Mais l’effectif actuel appartient clairement au premier rang mondial.

L’Allemagne cherche à tourner la page des désillusions de 2018 et 2022. Le champion du monde 2014 possède les ressources pour atteindre les phases à élimination directe, mais la perspective d’un affrontement précoce avec la France constitue un obstacle de taille.

Le temps presse pour les légendes du jeu

Ce Mondial 2026 sera vraisemblablement le dernier pour plusieurs des plus grands joueurs de l’histoire récente du football. Lionel Messi, qui aura 38 ans au coup d’envoi et 39 en finale, cherchera à couronner son palmarès déjà exceptionnel – trois grandes compétitions consécutives avec l’Argentine depuis 2021. Cristiano Ronaldo, de son côté, tentera de décrocher le seul titre qui lui échappe encore, accompagné d’une sélection portugaise capable de créer la surprise. Robert Lewandowski, 37 ans, et Luka Modrić, pilier d’une Croatie qui a atteint la finale en 2018 et la troisième place en 2022, pourraient eux aussi tirer leur révérence sur la plus grande scène du monde.

Pour Neymar, le cas est plus incertain : l’attaquant brésilien tente de revenir à la compétition après une longue blessure et se bat pour intégrer la liste d’une Seleção dont le secteur offensif suscite encore de nombreuses questions, notamment autour du poste de numéro neuf.

Les outsiders qui pourraient bousculer la hiérarchie

La Norvège fait partie des équipes les plus attendues parmi les outsiders. Emmenée par Erling Haaland, Alexander Sørloth et Martin Ødegaard, elle inscrit des buts en série et ses joueurs se sont distingués cette saison en Ligue des Champions. Reste à savoir si ce collectif saura gérer la pression d’un tournoi aussi exigeant.

Le Maroc, demi-finaliste surprise en 2022, arrive en Amérique du Nord avec l’envie de prouver que cette performance n’était pas un accident. Mais une défaite en finale de la Coupe d’Afrique des Nations en janvier dernier face au Sénégal a tempéré les ardeurs. Le Sénégal, justement, champion d’Afrique en titre, aborde le tournoi dans une forme rassurante, même si son groupe – avec la France et la Norvège – est redoutable.

La Colombie, absente en 2022, a connu une transformation notable. Luis Díaz, transféré au Bayern Munich, évolue à un niveau exceptionnel. Si l’attaquant maintient cette forme, Los Cafeteros pourraient créer des surprises. L’Uruguay de Marcelo Bielsa, lui, a opéré une mue tactique remarquée, passant d’un bloc défensif traditionnel à un jeu de pressing intense et de transitions rapides, incarné à merveille par Federico Valverde du Real Madrid.

Le Japon n’a jamais dépassé les quarts de finale, mais l’équipe d’Hajime Moriyasu, technique et disciplinée, a la solidité défensive nécessaire pour surprendre. L’Australie, sans vedette incontestable, mise sur une génération de jeunes talents prometteurs. Et la Suisse, souvent sous-estimée, a éliminé la France et l’Italie lors de récentes grandes compétitions – un rappel utile que les hiérarchies ne sont jamais figées.

Quarante-deux nations qualifiées, un format inédit, des enjeux géopolitiques

L’élargissement à 48 équipes modifie structurellement les probabilités : davantage de nations ont mathématiquement une chance d’atteindre les huitièmes de finale, et les groupes de trois équipes introduits dans le nouveau format créent des situations inédites, notamment la possibilité de qualifications avec un seul point. Pour les petites nations, ce changement représente une opportunité historique.

Le contexte géopolitique pèse également sur l’édition 2026. La participation de l’Iran est incertaine en raison des tensions avec l’un des pays co-organisateurs, les États-Unis. Les trois matchs de groupe iraniens sont actuellement prévus sur sol américain, une situation dont l’évolution diplomatique pourrait remettre en cause la présence de cette équipe, pourtant l’une des meilleures d’Asie.

Pour les équipes hôtes, les enjeux sont particulièrement forts. Le Canada espère remporter son tout premier match dans la compétition, malgré des blessures préoccupantes dans l’effectif. Les États-Unis, sous la direction de Mauricio Pochettino, ont bénéficié d’un tirage clément et peuvent raisonnablement viser un parcours significatif devant leur public. Le Mexique, de son côté, jouera son premier match à l’Estadio Azteca de Mexico, fort d’une atmosphère qui a souvent joué en sa faveur dans l’histoire du tournoi.

Cent jours, c’est court. Assez pour que des blessures décisives brisent des rêves, que des barrages redistribuent les cartes, que des sélectionneurs prennent des décisions qui marqueront des carrières. La plus grande Coupe du Monde de l’histoire est en train de se dessiner, match par match, billet par billet.

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