Issa Ouédraogo Auteur : Issa Ouédraogo Posté le 02/08/2026 - 03:00 Coupe du monde

La RD Congo dévoile ses 26 joueurs pour sa deuxième Coupe du Monde

Un demi-siècle après le Zaïre de 1974, la République Démocratique du Congo retrouve la scène mondiale. Le sélectionneur Sébastien Desabre a communiqué ce lundi la liste des 26 joueurs appelés à défendre les couleurs nationales lors de la Coupe du Monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Cette qualification historique place les Léopards dans le groupe de Portugal, Colombie et Ouzbékistan.

Un retour attendu depuis un demi-siècle

La dernière apparition congolaise sur la plus grande scène du football remonte à 1974, lorsque le pays s’appelait encore Zaïre. Cette édition, disputée en Allemagne de l’Ouest, avait marqué les esprits pour des raisons sportives autant que politiques, le Zaïre étant alors la première nation d’Afrique subsaharienne à participer à un Mondial. Depuis, plusieurs générations de joueurs congolais ont tenté, en vain, de retrouver ce statut. La qualification obtenue cette fois-ci vient donc combler une attente longue de plusieurs décennies, dans un pays où le football reste un vecteur identitaire majeur malgré des infrastructures et une économie du sport souvent fragiles.

Un effectif mêlant expérience européenne et talents émergents

La liste dévoilée par Sébastien Desabre traduit une évolution profonde du football congolais, désormais largement irrigué par la diaspora et les championnats européens. Cédric Bakambu, attaquant du Real Betis, incarne cette expérience acquise à haut niveau, tout comme Yoane Wissa, buteur de Newcastle en Premier League. En défense, Aaron Wan-Bissaka, passé par Manchester United avant de rejoindre West Ham, et Axel Tuanzebe, formé à Manchester United également, apportent une solidité technique appréciable face à des adversaires du calibre du Portugal.

Le milieu de terrain, souvent considéré comme le point d’équilibre d’une équipe amenée à affronter des sélections mieux classées, s’appuie sur des profils variés, entre percussion et récupération, à l’image de Gael Kakuta ou Théo Bongonda, joueurs rompus aux exigences du très haut niveau.

Un groupe exigeant dès l’entrée en lice

Le calendrier ne laisse aucune marge d’adaptation. La RD Congo débutera son Mondial le 17 juin face au Portugal, l’un des favoris annoncés de la compétition, au NRG Stadium de Houston. Ce choc d’ouverture sera immédiatement suivi, le 23 juin, d’une confrontation avec la Colombie, nation historiquement compétitive et technique. La phase de groupes se conclura le 27 juin contre l’Ouzbékistan, adversaire présenté comme plus accessible sur le papier, mais dont la progression récente impose la prudence.

Cette hiérarchie des matches place les Léopards devant un dilemme stratégique classique des équipes novices sur la scène mondiale : gérer la pression psychologique des deux premiers rendez-vous tout en préservant des ressources physiques et mentales pour un troisième match potentiellement décisif.

Un enjeu qui dépasse le sport

Pour la RD Congo, cette qualification représente bien plus qu’une performance sportive. Elle offre une visibilité internationale rare à un pays souvent associé, dans les médias étrangers, à des crises politiques et sécuritaires plutôt qu’à ses réussites collectives. Le football agit ici comme un instrument de cohésion nationale et de projection positive, à l’image de ce que d’autres sélections africaines ont pu vivre lors de leurs propres accessions à la compétition. La performance des Léopards sur les terrains nord-américains sera scrutée bien au-delà des seuls résultats sportifs.

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