Les Léopards de RDC décrochent leur ticket pour les demi-finales
La République démocratique du Congo disputera bien le dernier carré de la Coupe d’Afrique des nations. Vendredi à Abidjan, les Léopards ont dominé la Guinée en quart de finale (3-1), leur première victoire nette dans cette compétition, obtenue au terme d’un match largement décidé sur coups de pied arrêtés.
Un scénario à rebondissements construit sur les phases arrêtées
La rencontre avait pourtant mal débuté pour les Congolais, réduits à contenir une entame guinéenne offensive marquée par une percée de Morgan Guilavogui et un frôlement de main de Chancel Mbemba, resté sans conséquence. La défense guinéenne a rapidement montré ses limites, à l’image d’une mésentente entre son gardien Ibrahim Koné et son défenseur central Mouctar Diakhaby, dont Yoane Wissa n’a pas su profiter pleinement. Mais c’est bien Mbemba, capitaine et pilier défensif congolais, qui a concentré l’attention : coupable d’un penalty concédé sur Mohamed Bayo, auteur de son troisième but du tournoi, il s’est immédiatement racheté en égalisant sur corner. Ce va-et-vient illustre une caractéristique récurrente du football continental à ce niveau : la capacité à transformer une erreur individuelle en sursaut collectif, souvent via les situations arrêtées, qui restent l’une des armes offensives les plus fiables lorsque les organisations défensives sont sous tension physique et mentale.
Une seconde période basculée par les entrants
Le second acte a confirmé une tendance observée tout au long de cette CAN : le rôle décisif des joueurs entrés en cours de jeu. Silas Wamangituka, à peine sur le terrain, a provoqué la faute de Julian Jeanvier dans la surface, permettant à Wissa de transformer un second penalty et d’offrir l’avantage à son équipe. Cette capacité à changer le rythme d’un match grâce au banc traduit une évolution plus large du football moderne, où la gestion des rotations et la fraîcheur physique en fin de rencontre pèsent autant que le onze de départ. Le but du break, signé Arthur Masuaku sur un coup franc excentré frappé directement, a scellé la physionomie d’une équipe guinéenne en manque de solutions offensives face à des Congolais désormais portés par la confiance.
Une progression logique après un parcours poussif
Ce succès tranche avec le parcours initial de la RDC dans la compétition : trois nuls en phase de groupes, puis une qualification arrachée aux tirs au but face à l’Égypte en huitièmes de finale. Cette montée en puissance progressive n’a rien d’exceptionnel dans l’histoire de la CAN, où plusieurs sélections se sont qualifiées pour les demi-finales après un parcours peu convaincant sur le papier, la compétition récompensant souvent la solidité collective et la gestion des moments clés plutôt que la seule qualité du jeu produit. Les Léopards, portés par un secteur défensif désormais plus fiable et par l’efficacité de leurs entrants, affronteront en demi-finale le vainqueur du duel entre le Mali et la Côte d’Ivoire, pays hôte du tournoi. Un adversaire qui s’annonce redoutable, quel qu’il soit, mais face auquel la RDC abordera enfin ce rendez-vous avec la légitimité d’une victoire construite dans le jeu.