Blaise Compaoré Auteur : Blaise Compaoré Posté le juin 15, 2026 à 1h38

La Conmebol subit un nouveau revers : l’Équateur tombe face à la Côte d’Ivoire

Vingt-deux matchs sans défaite. C’était l’invincibilité que l’Équateur traînait comme une armure avant de se présenter à Philadelphie pour affronter la Côte d’Ivoire. Il n’en reste rien. Battus 1-0 dans les dernières secondes du temps réglementaire, les hommes de Sebastián Beccacece rejoignent le Brésil et le Paraguay dans la longue liste des équipes sud-américaines qui repartent de leurs premières rencontres de cette Coupe du Monde 2026 sans le moindre point.

Une première mi-temps prometteuse qui ne mènera nulle part

L’Équateur avait pourtant toutes les apparences d’une équipe capable de s’imposer. Pendant quarante-cinq minutes, les Tricolores ont imposé leur jeu, pressé haut, multiplié les occasions. John Yeboah a frappé le poteau à la vingt-troisième minute d’un tir tendu depuis le bord de la surface. Quatre minutes plus tard, Alan Minda touchait à son tour l’aluminium après une passe de Pedro Vite qui aurait mérité meilleur sort. Dans ces deux séquences, la lucidité manquait juste devant le but, mais la maîtrise collective était indéniable.

Ce premier acte laissait entrevoir un Équateur bien en place, organisé dans son bloc, capable de faire souffrir une défense ivoirienne en difficulté sur les transitions. Sauf que le football, surtout en phase de groupes d’un Mondial, se joue aussi dans les vestiaires. Et ce que Beccacece a trouvé à la pause, personne ne le sait. Mais ce que son équipe a produit en seconde mi-temps n’avait plus grand-chose à voir avec la première heure de jeu.

Le retour de la Côte d’Ivoire, symptôme d’un problème structurel

Dès le retour des vestiaires, les Éléphants ont pris le contrôle du milieu de terrain. Le filtre équatorien, jusque-là efficace, s’est dissous. William Pacho et Piero Hincapié, deux défenseurs centraux réputés parmi les meilleurs d’Europe à leurs postes respectifs, ont dû multiplier les interventions d’urgence. À la cinquante-et-unième minute, Bazoumana Touré réduisait symboliquement le retard en termes de frappes cadrées : son tir en pénétrant dans la surface, servi par un centre rasant depuis le couloir droit, était une réplique presque clinique aux frappes sur les poteaux de la première période.

La pause hydratation, nouvelle réalité de ce Mondial organisé sous une chaleur nord-américaine parfois difficile, n’a profité ni à l’un ni à l’autre. Elle a surtout accentué un phénomène déjà observable dans ce tournoi : les matchs se découpent désormais en quatre séquences distinctes, ce qui change la lecture tactique et la gestion physique des équipes. Dans ce cadre, le dernier quart d’heure appartient aux équipes qui ont le mieux préservé leurs ressources. La Côte d’Ivoire en a fait la démonstration brutale.

Singo, une balle, et un invincibilité pulvérisée à la 90e

Wilfried Singo avait déjà signalé sa présence en première mi-temps avec une tentative de bicycle kick. À la quatre-vingt-dixième minute, il n’avait plus besoin de prouesses acrobatiques. Il lui suffisait d’une course sur le côté droit, d’un centre millimétré en retrait vers le point de penalty, et d’Amadou Diallo en bout de course pour inscrire le but qui mettait fin à une série de dix-neuf matchs sans défaite. Le dernier revers de l’Équateur remontait au 6 septembre 2024, une défaite 1-0 face au Brésil. Il a fallu le Brésil d’abord, la Côte d’Ivoire ensuite.

Ce résultat place l’Équateur dans une position délicate dans sa poule. Une défaite en ouverture d’un Mondial à 48 équipes laisse théoriquement de la marge, mais elle contraint à ne plus calculer. Pour une équipe qui construisait sa confiance sur sa solidité défensive et son organisation collective, concéder sur une action de transition dans les dernières secondes révèle une fragilité mentale autant que tactique. Les invincibilités ne comptent pas dans les classements. Elles disparaissent en une action, et c’est là tout le piège qu’elles représentent.

La Conmebol face à un début de Mondial déconcertant

Le bilan collectif des équipes sud-américaines dans cette phase initiale du tournoi interpelle. Le Paraguay a encaissé une lourde défaite, le Brésil n’a pas réussi à s’imposer, et l’Équateur perd son invincibilité sur une action de contre-attaque à la dernière minute. Trois équipes, trois résultats décevants. Aucune victoire. Il serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives – la phase de groupes d’un Mondial élargi offre des cycles de récupération et de correction – mais le signal n’est pas anodin pour une confédération qui reste l’une des plus titrées de l’histoire de la compétition.

Ce début de tournoi rappelle que la préparation physique, la cohésion tactique sur la durée d’un match entier et la capacité à gérer l’intensité croissante d’un adversaire sont des variables qui ne se règlent pas avec une bonne première mi-temps. L’Équateur l’a appris à ses dépens un soir de juin à Philadelphie.

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