Issa Ouédraogo Auteur : Issa Ouédraogo Posté le 29/06/2026 - 15:07 Coupe du monde

Neuf nations africaines franchissent la phase de groupes et réécrivent l’histoire de leur continent

Pour la première fois de son histoire, le football africain place neuf représentants en huitièmes de finale d’une Coupe du Monde FIFA. Algérie, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, RD Congo, Égypte, Ghana, Maroc, Sénégal et Afrique du Sud ont toutes survécu à la phase de groupes de l’édition 2026, la première disputée à 48 équipes. Ce chiffre sans précédent n’est pas uniquement le produit d’une réforme structurelle : il reflète une montée en puissance collective qui s’observe depuis plusieurs cycles.

L’expansion du tournoi, levier décisif mais pas seul facteur

Le passage à 48 équipes a mécaniquement augmenté le nombre de places allouées à la Confédération africaine de football (CAF), qui dispose désormais de neuf représentants au lieu de cinq dans les éditions précédentes. Mais la présence de neuf équipes en huitièmes de finale dépasse la simple arithmétique. Plusieurs de ces nations ont traversé la phase de groupes avec une solidité défensive et une maîtrise tactique qui ne doivent rien au hasard.

Le Maroc en est l’exemple le plus éloquent. Invaincus après trois matchs – dont un match nul contre le Brésil, détenteur du record de titres mondiaux, suivi de victoires contre l’Écosse et Haïti – les Lions de l’Atlas confirment leur statut de puissance montante, renforcé depuis leur demi-finale historique lors de l’édition 2022. L’Égypte a, de son côté, traversé la phase de groupes sans la moindre défaite, enchaînant deux nuls contre la Belgique et l’Iran avant de s’imposer face à la Nouvelle-Zélande. La régularité de ces performances signale une maturité collective difficile à contester.

Des parcours contrastés, une résilience commune

Toutes les équipes africaines n’ont pas franchi cet obstacle par le haut du tableau. Certaines ont dû puiser dans leurs ressources mentales après des débuts difficiles. Le Sénégal en est l’illustration la plus frappante : battu par la France puis par la Norvège lors des deux premiers matchs, les Lions de Teranga ont répondu par une victoire écrasante cinq buts à zéro contre l’Irak, suffisante pour se qualifier. Le DRCongo, quant à lui, a renversé la situation après deux premiers matchs sans victoire – un nul contre le Portugal, une défaite contre la Colombie – avant de s’imposer largement face à l’Ouzbékistan lors de la dernière journée.

L’Algérie a suivi une trajectoire similaire : défaite inaugurale contre l’Argentine, puis deux résultats positifs contre la Jordanie et l’Autriche, dont un match spectaculaire à trois buts partout. Ces rebonds successifs témoignent d’une capacité d’adaptation tactique et psychologique que les observateurs avaient parfois du mal à reconnaître aux sélections africaines dans les éditions précédentes.

Le Cap-Vert, pour sa part, a réalisé l’exploit de traverser la compétition sans défaite lors de sa toute première participation à une phase finale de Coupe du Monde. Trois matchs nuls contre l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie Saoudite : un bilan qui témoigne d’une organisation défensive rigoureuse et d’un réalisme certain pour une nation dont les ressources humaines et institutionnelles restent bien en deçà des grandes puissances continentales.

L’Afrique du Sud entre dans l’histoire, le continent regarde vers les huitièmes

Parmi les faits marquants de cette phase de groupes, l’entrée de l’Afrique du Sud dans le cercle des nations africaines ayant atteint le stade des huitièmes de finale mérite d’être soulignée. Bafana Bafana, qualifiés d’office comme pays hôte en 2010 mais éliminés en phase de groupes cette année-là, accomplissent seize ans plus tard ce que cette génération n’avait pas pu faire devant son propre public. Une victoire contre la Corée du Sud après un nul contre la Tchéquie et une défaite initiale contre le Mexique : le scénario classique d’une équipe qui monte en régime au fil de la compétition.

Le tableau des huitièmes de finale place ces neuf nations face à des adversaires de calibres variés, parfois redoutables. Le Maroc défie les Pays-Bas le 30 juin, la RD Congo croise la route de l’Angleterre le 1er juillet, tandis que le Cap-Vert, pour sa première Coupe du Monde, affrontera l’Argentine le 4 juillet. Ce sont des rencontres qui, au-delà du résultat sportif, auront une résonance bien plus large : pour des millions de supporters à travers le continent africain, chaque victoire supplémentaire représente une affirmation identitaire autant qu’un résultat de tableau.

Neuf équipes qualifiées, plusieurs premières historiques, des adversaires à la hauteur de l’ambition : les huitièmes de finale s’annoncent comme le véritable test de cette génération dorée du football africain.

Récapitulatif : les huitièmes de finale des équipes africaines

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