Mondial 2026 : les groupes A à D prennent forme dès les premiers matchs
Les premiers coups de sifflet du Mondial 2026 ont suffi à dessiner des hiérarchies provisoires, à confirmer quelques certitudes et à en briser d’autres. Les groupes A, B, C et D ont entamé leur phase de poules, livrant des résultats qui, s’ils ne sont pas encore définitifs, commencent à orienter les trajectoires des seize sélections engagées. Le tableau d’ensemble est contrasté : deux groupes ont déjà un leader bien installé, un troisième reste parfaitement ouvert, et le quatrième annonce une bataille à deux pour le premier rang.
Mexique et Corée du Sud dominent le Groupe A, l’Azteca ouvre le bal
Le Mexique a saisi l’avantage psychologique et comptable que confère le statut de pays hôte. Devant son public de l’Estadio Azteca, le Tri a dominé l’Afrique du Sud sur le score de deux buts à zéro, grâce à des réalisations de Julián Quiñones et Raúl Jiménez. C’est un début que les Mexicains espéraient : jouer à domicile dans une Coupe du monde, après des années de désillusions en phase à élimination directe, représente une pression autant qu’une opportunité. Les trois points sont là, et la différence de buts favorable leur assure provisoirement le leadership.
La Corée du Sud n’est pas en reste. Face à la Tchéquie, les Asiatiques ont renversé la situation après avoir été menés. Le but de Ladislav Krejci semblait promettre une soirée difficile, mais Hwang In-beom a ramené les siens à égalité avant qu’Oh Hyeongyu ne scelle la victoire deux buts à un. Cette capacité à renverser un match est précieuse dans un tournoi où la gestion de l’adversité fait souvent la différence entre une qualification tranquille et une élimination prématurée. Le duel Mexique-Corée du Sud s’annonce comme la clé du groupe.
Groupe B : quatre équipes, quatre points partagés, aucune certitude
Le Groupe B est, à ce stade, le plus indécis de la compétition. Les deux rencontres de la première journée se sont soldées par des matchs nuls un à un, plaçant le Canada, la Bosnie-Herzégovine, le Qatar et la Suisse à égalité parfaite. À Toronto, Cyle Larin a répondu au but de Lukic pour arracher le point du nul face aux Bosniens. Peu après, le Qatar – sélection issue d’une région encore peu habituée aux phases finales mondiales – a tenu tête à la Suisse. Breel Embolo avait ouvert le score sur penalty, mais Boualem Khoukhi a égalisé dans le temps additionnel.
Ce résultat qatari mérite d’être souligné dans sa portée symbolique. Depuis l’édition 2022, organisée sur son sol et conclue sur trois défaites, le Qatar cherche à construire une légitimité sportive internationale. Un point arraché en fin de match contre une nation traditionnellement solide comme la Suisse constitue un signal, même à ce stade précoce. La deuxième journée déterminera si ce groupe reste aussi serré ou si une sélection prend les commandes.
Écosse en tête du Groupe C, Brésil et Maroc sous pression
Le Groupe C réserve peut-être la surprise la plus notable de ces premières heures : l’Écosse occupe la première place. La victoire un à zéro contre Haïti n’est pas spectaculaire, mais elle est précieuse. Dans un groupe où le Brésil et le Maroc – deux sélections aux ambitions bien plus affichées – se sont neutralisées sur le score d’un but partout, les trois points écossais prennent une valeur considérable. Le match nul brésilo-marocain plonge ces deux équipes dans une situation inconfortable : toute défaite lors de la prochaine journée pourrait les reléguer à une position délicate, avec l’obligation de rattraper leur retard sur la dernière rencontre de la phase de groupes.
Pour le Brésil, habitué à aborder les Coupes du monde en favori absolu, ce partage des points dès le premier match rappelle que la compétition mondiale s’est considérablement densifiée. Le Maroc, fort de son parcours historique lors du Mondial 2022 où il avait atteint les demi-finales, confirme qu’il n’est plus une équipe à surprises mais un adversaire structuré et difficile à manœuvrer.
Les États-Unis et l’Australie imposent leur force dans le Groupe D
Le Groupe D a produit les scores les plus nets de la première journée. Les États-Unis ont infligé une défaite quatre buts à un au Paraguay, soit le résultat le plus large enregistré jusqu’ici dans ce tournoi. Co-organisateurs de la compétition avec le Canada et le Mexique, les Américains ont affiché une efficacité offensive qui contraste avec les difficultés de construction que l’équipe a parfois connues par le passé. La différence de buts de plus trois les place en tête du groupe.
L’Australie, de son côté, a réglé son compte à la Turquie deux buts à zéro, confirmant la solidité d’une sélection qui, depuis sa demi-finale au Mondial 2022, n’est plus considérée comme une équipe surprise mais comme un candidat sérieux à la qualification. Turquie et Paraguay se retrouvent dos au mur dès la première journée, contraints de gagner leurs deux prochains matchs pour espérer une qualification. Dans ce format de Coupe du monde élargi à quarante-huit équipes, les écarts peuvent vite se creuser, mais les issues restent multiples jusqu’aux derniers instants de la phase de groupes.
Tandis que les groupes A à D digèrent leurs premières leçons, le tournoi s’élargit ce dimanche 14 juin avec le démarrage des groupes E et F. L’Allemagne, déjà en train de mener face à Curaçao au moment de la rédaction de cet article, ainsi que les Pays-Bas, le Japon, la Côte d’Ivoire et d’autres nations s’apprêtent à écrire les premières lignes de leurs propres histoires dans cette édition 2026, la plus vaste de l’histoire de la compétition.